Aujourd’hui, Hollywood fait rêver, la technologie (effet spéciaux, etc.) aidant. Il y a quelques décennies, Hollywood faisait rêver, les producteurs étant prêts à tout et n’importe quoi pour proposer de la nouveauté, de l’esthétisme, du glamour, du spectaculaire, bref du rêve. Et pour ce faire, tous les talents – même les plus improbables (on en voit quelques exemples significatifs dans That’s Entertainement (rétrospectives MGM 1974, 1976, 1994) étaient les bienvenus. Certains étaient de talentueux artistes de Vaudeville ou des chanteurs à voix, d’autres avaient un physique très avantageux et/ou un jeu exceptionnel. Puis, viennent quelques singularités, comme Sonia Hennie et Esther Williams.

La première (1912-1969) est une patineuse artistique championne du monde et championne olympique (1928, 1932, 1936). La deuxième (née en 1921) devient championne des Etats-Unis en natation (100 mètres nage libre). La volonté de rapatrier de telles championnes à Hollywood est due à plusieurs facteurs. Les studios recherchent des stars apportant le « petit plus » qui sont une sorte de cerise sur le gâteau. La concurrence entre les grands studios pousse ces derniers à faire preuve d’imagination. L’esthétisme et la beauté sont au rendez-vous avec les acteurs et artistes bridés, pour ne pas dire « séquestrés », sous contrat avec ces studios, mais les producteurs comprennent que de telles femmes, sportives, artistes et élégantes sont une mine d’or pour leurs studios.

La Twentieth-Century Fox a sous contrat certains des plus grands noms du moment (Elisabeth Taylor, Cary Grant, Marilyn Monroe…) et s’offre Sonia Henie, patineuse dynamique extrêmement appréciée pour ses qualités sportives et artistiques. Ce qui parait davantage surprenant est l’aura dont elle bénéficie aux Etats-Unis à ce moment-là alors que ses sympathies Nazie ont été reconnues.

Pour faire face à cette « trouvaille » de la Fox, la MGM studio dont sont sorties les plus grandes comédies musicales ainsi que les premiers Technicolors retentissants (The Wizard of Oz et Gone With the Wind, les deux réalisés par Victor Fleming en 1939) rétorque avec l’embauche d’Esther Williams. Elle rejoint les artistes du moment en proposant des numéros de danse aquatique.

Les films de Sonia Henie sont tombés dans l’oubli. Ceux d’Esther Williams connaissent une deuxième vie faiblarde grâce à ces numéros grandioses (fondus dans un décor complètement démesuré comme les affectionnait la MGM) qui réapparaissent de temps en temps à la télévision. Les histoires en elles-mêmes sont autant insipides que celles dans lesquelles joue Elvis Presley. C’est leur charisme qui sauve les films du kitsch (la première) et du ridicule (le deuxième).