Aux balbutiements du cinéma, les activités nautiques se limitent à un sport « contraint ». Les films muets montrent quelques scènes où des personnages – souvent des Amérindiens – naviguent sur un lac. Il s’agit avant tout d’un moyen de déplacement, comme lorsque ces mêmes lacs sont gelés et accueillent des patineurs. Barques, canoës et kayaks sont, avec la pêche, les seules activités filmées dans ces nombreux courts-métrages allant du documentaire anthropologique à la romance édulcorée.

Par la suite, deux visions s’affrontent, la première avec une eau calme (Le Grand Bleu, Luc Besson, 1988) et la seconde avec une mer meurtrière (Jaws, Steven Spielberg, 1975). L’idée de l’eau calme / trouble / tourmentée est régulièrement métaphorique d’un voyage initiatique du personnage principal (Life of Pi, Ang Lee, 2012) La chanson « Just Around the Riverbend » dans Pocahontas (Gabriel – Goldberg, 1995) laisse présager un tel parcours. Elle permet également de mettre en valeur les qualités athlétiques de l’héroïne, qui, contrairement aux autres femmes travaillant dans les champs pour vivre de la cueillette, navigue avec fougue jusqu’à sa chute dans l’eau.

Puis, les effets spéciaux aidant, l’élément aquatique devient de plus en plus spectaculaire (Waterworld, Kevin Reynolds, 1995) pour finir en véritable déluge apocalyptique (Noah, Darren Aronofsky, 2014). Les activités aquatiques sont avant tout des choix solitaires mettant en lumière des personnages en quête de connaissance de soi ou de rédemption, la tempête étant l’élément psychologique ultime à affronter. Pour finir, la piscine, sphère domestiquée, est plus souvent utilisée comme domaine de vie quotidienne, d’entretien ou d’échange que comme espace de compétition.