Les sports de glisse et de glace sont moins inscrits dans la culture populaire américaine que des sports comme le baseball, le football américain ou le basket, mais ils restent particulièrement représentés dans les films. Toutefois, l’image émanant du hockey, du patinage artistique ou du bobsleigh s’avère souvent sectaire et dichotomique. En effet, soit ces derniers suscitent une dimension romantico-dramatique (The Cutting Edge, Tom Gilroy, 1992), soit ils offrent un terrain propice à la comédie (Rasta Rockett, Jon Turteltaub, 1993), voire au burlesque (Blades of Glory, Josh Gordon & Will Speck, 2007).Contrairement au patinage artistique, le hockey bénéficie d’une certaine clémence dans les films (Slap Shot, George Roy Hill, 1977). Il s’inscrit dans la lignée des sports collectifs chers aux Américains. Les films sur fond de hockey ne tendent pas vers le ridicule.

Concernant le patinage artistique, l’esthétique d’antan n’est plus. Les somptueux tableaux sophistiqués au sein desquels évoluait Sonja Hennie (années 30 et 40) ont laissé la place à des films insignifiants ou chahuteurs envers ce sport. Le milieu du patinage artistique éprouve des difficultés à se défaire de son image désuète et kitsch, ce qui génère des films mièvres, particulièrement depuis les années 2000. Une vague de films de série B pour adolescents, dans le style de High School Musical, émerge avec dans le rôle de l’héroïne une patineuse rêvant de médailles et du héros un patineur en couple (The Cutting Edge : Chasing the Dream, Stuart Gillard, 2008) ou un ancien patineur de vitesse (The Cutting Edge : Fire & Ice, Stephen Herek, 2010).   

Dans le meilleur des cas, le recul est tel que le second degré et les gags donnent un coup de jeune à ce sport. Blades of Glory n’est pas qu’un film « moqueur » ; c’est un réel vent d’autodérision dans le sens où de très nombreux champions de patinage ont participé à la figuration de ce film (Scott Hamilton - champion olympique 1984, Peggy Fleming – championne du monde 1968, Nancy Kerrigan – vice-championne olympique 1994, Brian Boitano – champion olympique 1988, Dorothy Hamill, Sasha Cohen – vice-championne olympique 2006, Jamie Salé & David Pelletier – champions olympiques 2002, Yuka Sato – championne du monde 1994…)

Seul le drame Ice Castles (Donald Wrye, 1978) se démarque en tentant d’aborder avec gravité l’approche de la compétition, et non seulement son monde. Devenue malvoyante suite à une mauvaise chute, l’héroïne tente de remonter la pente. Les éléments gravitant autour de la compétition (entourage, sollicitations…) sont mentionnés et posent des questions sur la propulsion de jeunes non préparés dans un milieu destructeur et incontrôlable.