Monter à cheval, tirer à l’arc : ces deux actions transplantées au cinéma font immédiatement penser au western. Attirails affublés aux Amérindiens, le cheval et l’arc restent respectivement le principal mode de déplacement et l’arme de défense privilégiée (avec le tomahawk et la lance) car silencieuse.

Une scène de Broken Arrow (Delmer Daves, 1950) montre des cavaliers américains se succédant, et tour à tour recevant une flèche les mettant à terre, du dernier au premier. Ainsi, ce n’est qu’à la fin de la silencieuse hécatombe que le premier cavalier remarque l’action. Le tir à l’arc n’est en aucun cas un sport, seulement une arme utilisée en temps de guerre ou dans le cadre de la chasse.

Même en extrapolant vers d’autres genres, le tir à l’arc demeure quasi-exclusivement un outil d’attaque ou de défense, sauf dans Rebelle (Mark Andrews & Brenda Chapman, 2012) où l’héroïne sort victorieuse d’un concours. Pareillement, Robin des Bois (The Adventures of Robin Hood, Michael Curtiz & William Keighley, 1938; Robin Hood, Wolfgang Reitherman, 1973 ; Robin Hood: Prince of Thieves, Kevin Reynolds, 1991) détourne la fonction première de l’arc en tant qu’arme pour afficher sa virtuosité technique. Guillaume Tell, désormais délaissé au cinéma, est pourtant populaire dans de nombreux courts-métrages au début du vingtième siècle.

Quant au cheval, il passe de simple compagnon de déplacement à allégorie libertaire. Dégagé de sa responsabilité vis-à-vis de l’homme, il devient le symbole de la fougue ainsi que de la nature sauvage et débridée. Par ailleurs, dompté, il appartient alors à l’élite (Ne le dis à personne, G. Canet, 2006).